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Parler d’alcool au travail, c’est souvent franchir une ligne invisible. Entre le silence par confort et la peur de mal faire, la prévention reste trop souvent en retrait. Pourtant, il y a urgence à agir : pour protéger la santé des salariés, pour préserver la sécurité de tous et pour maintenir la performance de l’entreprise. Le Dry January offre une belle occasion d’ouvrir le dialogue, en douceur, sans jugement.
Déconnecter, c’est préparer la reprise, pas s’en éloigner.
La consommation d’alcool reste un tabou dans beaucoup d’entreprises. Elle fait pourtant partie des premiers facteurs de risques en milieu professionnel, au même titre que le stress ou la fatigue chronique. Qu’il s’agisse de consommation ponctuelle ou régulière, l’impact peut être lourd : erreurs de jugement, accidents, conflits, absentéisme, désengagement…
Le Dry January, ce mois sans alcool venu du Royaume-Uni, peut servir de déclencheur pour entamer une réflexion collective. C’est l’occasion de parler de santé, de responsabilité partagée, de nouvelles habitudes, sans stigmatiser ni moraliser.
Le Code du travail est clair : il est interdit d’introduire ou de consommer de l’alcool sur le lieu de travail, sauf cas exceptionnels définis par règlement (vin, bière, cidre et poiré lors d’événements spécifiques, sous réserve que cela ne compromette pas la sécurité). Au-delà de cette interdiction, l’employeur a une obligation de sécurité vis-à-vis de ses salariés. Cela signifie qu’il doit prévenir les situations à risque, y compris celles liées à l’alcool.
Ne rien faire, c’est engager sa responsabilité. Il est donc essentiel d’intégrer la gestion des addictions dans la politique de prévention de l’entreprise. Cela passe par des règles claires, une sensibilisation régulière, et un accompagnement pour les personnes concernées.
L’alcool agit directement sur le système nerveux. Même à faibles doses, il peut altérer la concentration, la réactivité et le comportement. Au travail, cela se traduit par des erreurs, des retards, des tensions, voire des situations dangereuses. Dans les métiers exposés à des risques (manutention, conduite, travail en hauteur…), les conséquences peuvent être dramatiques.
Mais au-delà du risque immédiat, l’alcool est souvent le symptôme d’un mal-être plus profond : surcharge mentale, isolement, stress chronique… C’est pourquoi la prévention passe aussi par une meilleure prise en compte de la qualité de vie au travail (QVCT).
En tant que dirigeant, vous donnez le ton. Vous fixez le cadre, vous incarnez la culture de l'entreprise, vous choisissez de voir la prévention comme un levier de performance, pas comme une contrainte.
Impliquer les managers, les RH ou les Chief Happiness Officers (CHO) dans la démarche est une excellente stratégie. Ces relais internes peuvent repérer les signaux faibles, amorcer un dialogue et orienter vers les bons interlocuteurs.
"Changer les comportements commence souvent par changer les perceptions."
Les managers ne sont pas là pour dépister ou diagnostiquer. Leur force, c’est la proximité. Ils peuvent remarquer qu’un collaborateur est plus irritable, moins ponctuel, ou en retrait. Ce sont ces petits signaux qui doivent alerter.
Ouvrir le dialogue avec bienveillance, rappeler le cadre de l'entreprise, proposer une écoute sans jugement : voilà des gestes simples, mais déterminants. Encore faut-il que les managers soient formés, soutenus et outillés pour cela.
La prévention, ce n’est pas dire "non". C’est dire "comment", "avec qui", "dans quel cadre". Voici quelques leviers efficaces :
• Définir une politique claire de tolérance (ou de tolérance zéro) dans le règlement intérieur ;
• Organiser des temps d’information accessibles à tous ;
• Intégrer la prévention des conduites addictives dans la QVCT ;
• Proposer un accompagnement confidentiel pour les salariés concernés ;
• Travailler avec un service de prévention santé au travail comme AIPALS.
Ce mois sans alcool peut devenir un révélateur. Un tremplin pour lancer des actions simples, concrètes, et surtout collectives :
• Défis d’équipe autour de boissons sans alcool,
• Ateliers "mocktails" animés par des salariés,
• Affichage d’infos clés dans les lieux de pause,
• Conférences ou témoignages d’experts,
• Temps d’échange en petits groupes.
Il existe même une application officielle pour vous accompagner tout au long du mois : https://dryjanuary.fr/presentation.
C’est dans ces moments qu’on peut découvrir d’autres façons de créer du lien au travail, sans passer par la consommation.
Prévenir les risques liés à l’alcool, c’est protéger les femmes et les hommes qui font vivre l’entreprise. C’est aussi créer un environnement de travail plus sain, plus sûr, plus solidaire. Et si le Dry January était le bon moment pour amorcer cette dynamique ?
Parler d’alcool au travail, ce n’est pas pointer du doigt. C’est ouvrir un espace d’écoute et de responsabilité.
Parce que la prévention est notre métier, Aipals accompagne les entreprises pour intégrer la question des addictions dans leur politique de santé au travail. Notre équipe conçoit avec vous des actions sur-mesure, adapte les formats à votre contexte et vous guide, pas à pas.
Nous avons également conçu un guide pratique pour aider à repérer les situations à risque, engager le dialogue et orienter efficacement à retrouver dans notre boîte à outils.
👉 Télécharger le guide Addictions