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Rentrée au travail : prévenir l’effet surcharge

31/08/202610minSantéAuTravailQVCTChargeDeTravailPrévention

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La scène est familière. À peine l’ordinateur rallumé, les notifications s’enchaînent. La boîte mail affiche plusieurs centaines de messages. Les invitations aux réunions remplissent déjà l’agenda. Des dossiers présentés comme urgents doivent être repris immédiatement, tandis que de nouveaux objectifs commencent à circuler.

En quelques heures, le bénéfice des congés peut sembler bien loin.

La rentrée professionnelle est souvent associée à un regain d’énergie et à de nouveaux projets. Mais elle peut aussi devenir une période sensible pour la charge mentale et le stress, notamment lorsque l’organisation cherche à relancer toutes les activités en même temps.

La difficulté ne vient pas nécessairement d’un manque de motivation des salariés. Elle apparaît souvent lorsque la reprise est insuffisamment préparée : trop d’informations à absorber, des priorités instables, des délais serrés et peu de temps pour reprendre le fil du travail.

Éviter l’effet surcharge ne signifie donc pas ralentir toute l’entreprise pendant plusieurs semaines. Il s’agit plutôt de rendre la reprise lisible, progressive et compatible avec les capacités réelles des équipes.

Pourquoi la rentrée peut devenir une période à risque

Pendant une absence, même courte, l’activité continue. Des décisions sont prises, des demandes arrivent, des projets avancent et certaines tâches sont reportées. Au retour, le salarié doit à la fois comprendre ce qui s’est passé, reprendre ses dossiers, traiter les sollicitations accumulées et intégrer les nouvelles priorités.

Cette phase demande un véritable effort de réappropriation. Or, elle est rarement considérée comme du travail à part entière. La personne est souvent attendue comme immédiatement disponible et pleinement opérationnelle, alors même qu’elle doit encore trier, vérifier, reconstituer et hiérarchiser les informations.

La rentrée peut également concentrer de nombreuses échéances collectives : lancement de projets, préparation de la fin d’année, reprise des réunions régulières, nouveaux objectifs ou réorganisation des équipes. Lorsque tout est présenté comme prioritaire, les salariés perdent la possibilité d’arbitrer.

L’INRS identifie notamment la surcharge de travail, le manque de clarté dans le partage des tâches et certains modes de management parmi les facteurs pouvant contribuer aux risques psychosociaux. L’organisme recommande de privilégier une prévention collective, centrée sur le travail et son organisation, plutôt que de faire reposer la gestion du stress sur les seuls individus.

Les erreurs fréquentes qui accentuent la surcharge

La première erreur consiste à remplir immédiatement les agendas. Réunion de reprise, réunion de service, points projets, comités de pilotage, entretiens individuels : la volonté de remettre rapidement tout le monde au même niveau d’information peut produire l’effet inverse.

Lorsque les réunions s’enchaînent, il ne reste plus de temps pour lire les messages importants, reprendre les dossiers ou effectuer le travail décidé pendant ces échanges. L’agenda donne alors l’impression d’une reprise active, mais la charge réelle continue de s’accumuler en arrière-plan.

Une autre difficulté apparaît lorsque chaque demande devient urgente. Après une période de congés, certains sujets ont effectivement besoin d’une réponse rapide. Mais d’autres peuvent attendre quelques jours. Sans clarification, les salariés sont contraints de gérer eux-mêmes la concurrence entre les demandes, parfois sans disposer des informations ou de l’autorité nécessaires pour arbitrer.

Enfin, les objectifs peuvent manquer de clarté. Les équipes entendent qu’il faut « relancer la dynamique », « accélérer » ou « rattraper le retard », sans toujours savoir quels résultats sont réellement attendus, dans quel ordre et avec quels moyens.

Cette accumulation crée une tension simple : les demandes augmentent, mais le temps disponible reste le même.

Organiser une reprise réellement progressive

Une reprise progressive ne signifie pas repousser indéfiniment les dossiers. Elle consiste à reconnaître qu’un retour efficace demande un temps de réappropriation.

Dans les premiers jours, chaque salarié devrait pouvoir identifier trois catégories de sujets : ce qui nécessite une action immédiate, ce qui doit être planifié dans les semaines suivantes et ce qui peut être abandonné, reporté ou réattribué.

Ce tri peut être facilité par un point court avec le manager ou l’équipe. L’objectif n’est pas de passer en revue chaque message reçu pendant les congés, mais de répondre à quelques questions concrètes : qu’est-ce qui a changé ? Quelles décisions ont été prises ? Quels dossiers présentent un véritable risque ? Quelles échéances peuvent être déplacées ?

Une organisation peut également prévoir des pratiques simples :

- préserver des plages sans réunion pendant les premiers jours ;- limiter le nombre de nouveaux projets lancés simultanément ;- transmettre une synthèse des décisions prises pendant les absences ;- hiérarchiser explicitement les dossiers ;- réévaluer les échéances devenues irréalistes ;- éviter de demander un rattrapage exhaustif de toutes les informations accumulées.

Une bonne reprise ne consiste pas à tout absorber. Elle consiste à retrouver suffisamment de visibilité pour agir dans le bon ordre.

Le rôle déterminant des managers

Les managers occupent une place centrale dans la prévention de l’effet surcharge. Ils disposent d’une capacité essentielle : celle d’arbitrer.

À la rentrée, leur rôle n’est pas uniquement de transmettre les nouvelles demandes. Il est aussi de clarifier ce qui compte réellement, de protéger le temps de travail utile et de rendre visibles les éventuelles contradictions entre les objectifs et les moyens disponibles.

Cela suppose d’éviter les consignes générales comme « tout est prioritaire » ou « il faut rattraper rapidement ». Une priorité n’est utile que si elle permet de décider ce qui sera traité avant le reste. Définir une priorité, c’est aussi accepter de reporter ou de renoncer à certaines tâches.

Les managers peuvent également observer les premiers signaux de difficulté : fatigue persistante, irritabilité, erreurs inhabituelles, difficultés de concentration, allongement des journées, sentiment de ne jamais avancer ou tensions dans la répartition du travail.

L’objectif n’est pas d’interpréter chaque signe comme un problème individuel, mais d’ouvrir la discussion sur le travail réel. La charge est-elle répartie équitablement ? Les délais sont-ils compatibles avec les ressources ? Les responsabilités sont-elles suffisamment claires ? Certaines réunions ou procédures peuvent-elles être supprimées ?

Le Code du travail prévoit que l’employeur prend les mesures nécessaires pour protéger la santé physique et mentale des travailleurs, notamment par des actions de prévention et par la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés. Les principes généraux de prévention invitent également à agir à la source et à intégrer l’organisation du travail dans la démarche de prévention.

Les bonnes pratiques QVCT à installer dès septembre

La rentrée peut devenir un moment utile pour interroger les habitudes collectives, au-delà de la seule gestion des retours de congés.

Une première pratique consiste à organiser régulièrement un échange sur la charge de travail. Celui-ci ne doit pas se limiter à demander si « tout va bien ». Il peut porter sur des éléments observables : le volume de tâches, les échéances, les interruptions, les heures supplémentaires, les dossiers bloqués ou les activités réalisées au détriment d’autres missions.

L’entreprise peut aussi examiner la place des réunions. Sont-elles toutes nécessaires ? Les bonnes personnes sont-elles invitées ? Une décision, un message écrit ou un point de quinze minutes pourraient-ils remplacer certains rendez-vous plus longs ?

La rentrée est également un bon moment pour clarifier les circuits d’urgence. Qu’est-ce qui constitue réellement une urgence ? Qui peut la qualifier ? Qui décide des priorités lorsqu’elles entrent en concurrence ? Une urgence mal définie devient rapidement une source d’interruptions permanentes.

Enfin, la QVCT suppose de donner aux équipes des espaces pour parler du travail et participer aux décisions qui les concernent.

Passer à l’action avec Aipals


Pour aider les entreprises adhérentes à prévenir la surcharge et à mieux réguler la charge de travail, Aipals peut accompagner les équipes à travers ses ateliers et actions de sensibilisation.


Risques psychosociaux, organisation du travail, tensions, rôle des managers, maintien en emploi ou prévention dans les situations sensibles : ces temps d’échange permettent d’analyser les difficultés rencontrées dans le travail réel, d’identifier les bons relais et de construire des réponses adaptées à chaque organisation.


Pour découvrir les ateliers proposés : https://aipals.com/ateliers/


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